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"Aider les familles et amis de malades psychiques"
UNION NATIONALE DE FAMILLES ET AMIS DE PERSONNES MALADES ET/OU HANDICAPEES PSYCHIQUES
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TEMOIGNAGE :SEANCES EN ART-THERAPIE au MAROC 12/04/2015

Article sélectionné par Jean-Claude

In L'Opinion.ma (Maroc)

Témoignage de séances en art-thérapie : Vécu poignant évoqué à travers la peinture

Propos recueillis par Saïd AFOULOUS
 
Ci-dessous, le témoignage d’un patient suivi en art-thérapie par Bouchra Benyazza. Celle-ci nous confie avoir réalisé un documentaire présenté à l’occasion d’une rencontre à Marrakech autour du Centre psychothérapeutique de jour récemment inauguré. L’objectif de ce documentaire, dit-elle, c’est de donner à voir l’importance de l’art-thérapie au CPU du CHU Ibn Rochd de Casablanca à travers le témoignage de deux patients. Il s’agit dans ce qui suit, du témoignage de l’un d’eux que nous avons rencontré dans l’atelier d’art-thérapie. Deux particularités de ce témoignage. D’une part il émane d’un jeune trentenaire doté d’un niveau d’instruction supérieur et souffrant de troubles mentaux. D’autre part, il offre l’exemple d’une personne consciente qui se bat pour s’en sortir coûte que coûte. Certes, le témoignage ouvre les portes sur une histoire particulière, personnelle, ce qui n’empêche pas qu’il puisse être perçu comme très représentatif du vécu de nombreuses autres personnes qui vivent, endurent une souffrance psychique lancinante. Ce qui les pousse au repliement sur soi et les contraint à cette vie vagabonde dans l’anonymat des rues de la grande ville, cachant parfois sous des guenilles des trésors de sensibilité et de compassion comme c’est le cas émouvant de ce témoignage :
 
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SUITE DE L'INFORMATION

Témoignage de séances en art-thérapie : Vécu poignant évoqué à travers la peinture (suite)

«Au début, je ne pouvais pas dessiner. J’étais déprimé avec des pensées de suicide. Je ne me lavais pas, je ne me coupais pas les cheveux ni les ongles. Quant à dessiner, il fallait attendre ! Je ne disposais d’aucune concentration pour quoi que ce soit. Je n’avais aucune disposition d’esprit. A la première tentative, je n’ai fait qu’écrire. J’ai essayé d’exprimer les sentiments que je ressentais, comme si je parlais avec le médecin. J’ai écrit à madame Bouchra tout ce que je ressentais. C’était la première séance. La deuxième elle m’a donné plusieurs photos. Il fallait choisir une image parmi une pile de photos. Il me fallait ensuite reproduire l’image comme je la vois sur une feuille blanche. Moi je ne suis pas comme les autres patients qui peuvent choisir au hasard des images de fleurs ou de paysages, comme un amusement juste pour passer un bon moment et oublier leur maladie. Non, il fallait pour moi choisir une photo bien déterminée qui ait une signification particulière. C’est pourquoi parmi des tas de photos, une seule a retenu mon attention. C’est celle d’un vieillard avec un visage buriné de rides, une barbe blanche hirsute, un bonnet noir sur la tête, un manteau long descendant jusqu’à mi-jambe, un bâton à bout de bras avec en plus sur l’épaule un baluchon. Je n’ai pas choisi cette image par hasard. Si je l’ai choisie c’est qu’elle me touchait très profondément. Ce vieillard est pour moi un vagabond. Son image me parle, me dit beaucoup de choses sur ma propre vie car j’ai été vagabond moi aussi dans plusieurs villes avant de venir à Casablanca. J’ai dormi dans des foundouks à 5 Dh la nuitée et aussi dans la rue quand je ne pouvais pas faire autrement. Car j’évitais toujours de dormir dans la rue par crainte des violences, des agressions.
Ce vieillard me rappelle bien des vagabonds d’un âge avancé que j’ai vu passer leur chemin devant moi. Ce sont des âmes en peine qui végètent dans les rues, des épaves humaines qui hantent les foundouks des anciennes médinas sans que personnes viennent s’enquérir de leurs nouvelles. Pas de familles, pas d’enfants. Comme s’ils étaient coupés du monde.
En regardant l’image de ce vieillard, en le dessinant, je ne cesse de me dire qu’il ne faut pas que je devienne comme lui. C’est que je crains de continuer à mener la vie de vagabond jusqu’à cet âge avancé. Cette idée d’en arriver là me remplissait d’angoisse. Toutes ces pensées me trottaient dans la tête quand je dessinais l’image. Je me disais qu’il faut absolument m’en sortir pour ne pas en arriver là. Mais comment faire ?
Tout ça, je l’ai raconté tel quel quand Madame Bouchra m’a demandé pourquoi j’avais choisi cette image. Je lui ai répondu que j’ai choisi cette image parce que j’ai vu ce cas tant de fois dans la rue, que moi aussi j’ai été vagabond dans plusieurs villes.
Une autre fois, j’ai choisi une photo où l’on voit une femme étendue sur un banc en plein air à l’ombre d’un arbre avec un chat entre ses bras, un petit chien endormi à ses pieds et elle est en train de lire en tenant un livre d’une main assurée. Pour moi, cette femme est dans un état de bien-être et la situation où elle se trouve elle l’a choisie volontairement comme quelqu’un qui prend son destin en main. Elle a réalisé ce à quoi elle aspire. Cette situation résume pour moi ce que moi-même j’espère avoir : pouvoir choisir et réaliser un état d’esprit où la souffrance psychique s’atténue et arrive à son terme…»

 

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